Grenouille taureau africaine
Pyxicephalus adspersus Tschudi, 1838
Photo : Steven G. Johnson · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons
Grenouille taureau africaine (Pyxicephalus adspersus Tschudi, 1838) est une espèce de terrarium de la famille des Pyxicephalidae.

Origine & habitat naturel
Afrique subsaharienne : Afrique du Sud, Eswatini, Botswana, Namibie, Zimbabwe, Zambie, Malawi, Mozambique, Angola, République démocratique du Congo, Tanzanie et Kenya. Espèce de savane et de prairie (bushveld, savanes arborées et herbeuses), absente des forêts denses. Strictement liée aux mares et dépressions temporaires (pans, vleis) qui se forment en saison des pluies sur sols sableux ou limoneux : eaux stagnantes, peu profondes, chaudes et turbides. Le reste de l'année (saison sèche), l'animal s'enfouit profondément dans le sol meuble et entre en estivation, enveloppé dans un cocon de mues accumulées qui limite la déshydratation. Climat de type tropical à subtropical à saisons contrastées (saison des pluies chaude, saison sèche prolongée).
Alimentation
Carnivore vorace et opportuniste, qui consomme presque toute proie de taille appropriée. En captivité : grillons, blattes (Blaptica dubia), criquets, vers de terre (excellent aliment de base), vers de farine et vers à soie en complément. Souriceaux (rosés) à ne donner qu'occasionnellement aux grands adultes, jamais en routine. Fréquence : tous les 1 à 2 jours pour les jeunes en croissance, 1 à 2 fois par semaine pour les adultes. Saupoudrer les proies de calcium à presque chaque repas et de calcium + vitamine D3 une fois par semaine environ. Pièges : la suralimentation (proies trop fréquentes ou trop grasses comme les rongeurs adultes) provoque obésité et stéatose hépatique ; ne jamais offrir de proie plus large que l'espace entre les yeux pour éviter les occlusions ; varier les proies pour prévenir les carences.
Comportement & cohabitation
Espèce strictement solitaire : la cohabitation est à proscrire car le cannibalisme est fréquent, y compris entre individus de tailles voisines. Très sédentaire et fouisseuse ; passe une grande partie de l'année enfouie en estivation, enveloppée dans un cocon (mues accumulées) imperméable durant la saison sèche. Devient active lors des pics d'humidité simulant la saison des pluies. Occupe surtout le sol, à demi enterrée à l'affût, ne se déplaçant que pour chasser ou rejoindre le point d'eau. Morsure puissante, avec deux projections osseuses dentiformes (odontodes) sur la mâchoire inférieure ; les grands individus peuvent infliger une morsure douloureuse, manipulation prudente. Mâles très territoriaux et agressifs entre eux, en particulier en période de reproduction. Activité essentiellement crépusculaire et nocturne, parfois diurne lors des fortes pluies.
Reproduction
Difficile à reproduire en captivité. Dans la nature, la reproduction est explosive et déclenchée par les premières grandes pluies de la saison humide : les mâles se rassemblent dans les mares temporaires, défendent un territoire et émettent des cris graves ; l'amplexus aboutit à la ponte de plusieurs milliers d'œufs en eau très peu profonde et chaude. Le mâle assure une garde parentale marquée : il protège les œufs puis les têtards contre les prédateurs et creuse parfois des canaux dans la boue pour empêcher la mare d'isoler les têtards et maintenir l'accès à l'eau. Le développement larvaire est rapide (environ 3 semaines), adapté aux mares éphémères. En captivité, le protocole reproduit ce cycle : période d'estivation simulée (substrat progressivement asséché, températures abaissées, jeûne), suivie d'une humidification intense et d'un réchauffement pour déclencher le rut. Une stimulation hormonale est parfois pratiquée par des éleveurs expérimentés.
Erreurs fréquentes à éviter
- Cohabitation : espèce cannibale et territoriale — ne jamais héberger deux individus ensemble durablement (au plus une introduction brève et supervisée pour la reproduction).
- Surchauffe / lampes directes : une lampe chauffante directe sur un amphibien provoque une déshydratation rapide et potentiellement mortelle ; préférer un tapis chauffant thermostaté placé sur le côté.
- Suralimentation : des proies trop fréquentes ou trop grasses (rongeurs) provoquent obésité et atteinte hépatique ; rationner les adultes.
- Substrat insuffisant : un sol trop peu profond empêche l'enfouissement et l'estivation, source de stress chronique.
- Eau chlorée ou sale : l'eau du robinet non traitée (chlore, chloramines) agresse la peau perméable ; utiliser une eau déchlorée et la renouveler souvent car l'animal y défèque.
Réglementation (France)
Statut UICN : Préoccupation mineure (Least Concern) — IUCN Red List, évaluation de 2013.
CITES : Non inscrite aux annexes CITES à ce jour (à vérifier sur checklist.cites.org au moment de l'achat).
France — Arrêté du 8 octobre 2018 : cet arrêté fixe les règles générales de détention d'animaux d'espèces non domestiques (Légifrance, JORFTEXT000037491137). Pyxicephalus adspersus ne figure pas parmi les espèces dont la détention est explicitement interdite, mais la détention d'amphibiens non domestiques peut, selon le nombre d'individus et les annexes applicables, relever du régime de la déclaration ou de l'autorisation préfectorale. En cas de doute, consulter la DDPP ou la DREAL de votre région.
Règlement (UE) n° 1143/2014 (espèces exotiques envahissantes) : Pyxicephalus adspersus ne figure pas sur la liste des espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l'Union à ce jour.
Ceci n'est pas un conseil juridique ; vérifiez la réglementation en vigueur auprès des autorités compétentes.
Information à vérifier sur les textes officiels (Légifrance) — ceci n'est pas un conseil juridique.
Questions fréquentes
- Quelle température pour le Grenouille taureau africaine ?
Un point chaud d'environ 29–32 °C et une zone fraîche de 22–26 °C. Un gradient thermique est indispensable à sa thermorégulation.
- Faut-il un éclairage UVB ?
Non obligatoire. Un éclairage UVB de faible intensité (5-6 %) peut être proposé pour favoriser le métabolisme calcique et fournir une photopériode naturelle (cycle 12 h/12 h), mais reste optionnel selon les sources. Éviter les lampes chauffantes directes qui déshydratent rapidement les amphibiens : préférer un chauffage par tapis chauffant thermostaté ou céramique sans lumière, placé sur le côté ou sous une partie du bac, jamais sur la totalité du sol.
- Quel est le statut réglementaire en France ?
La détention est encadrée par l'arrêté du 8 octobre 2018 (voir la section Réglementation de cette fiche). Vérifiez toujours le statut de l'espèce avant l'acquisition. Ceci n'est pas un conseil juridique.
À lire aussi
Sources
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